Quand le bonhomme de neige n’est pas droit, tout est juste

Création de bonhomme de neige réalisée par un enfant en crèche, avec éléments décalés illustrant la créativité, l’imaginaire et l’importance du non-formel.

Regarde-les bien.
Les yeux sont décalés.
Les bras ne sont pas à la même hauteur.
La carotte flotte parfois sans logique apparente.

Et c’est précisément pour ça que ces bonhommes de neige sont réussis.

Les enfants ont touché, étalé, gribouillé, exploré la peinture blanche avec leurs doigts, à leur rythme, selon leur propre logique. Puis, quand une forme a émergé parfois vaguement, parfois franchement des éléments ont été proposés, pas imposés.

Le résultat n’est pas un bonhomme de neige “correct”. Le résultat, c’est une trace authentique d’exploration.

Le non-formel : accepter de perdre le contrôle

Le non-formel, ce n’est pas laisser faire n’importe quoi. C’est accepter que le processus compte plus que le résultat.

Dans une approche formelle, l’adulte sait à l’avance à quoi le bonhomme de neige doit ressembler. Il ajuste, aligne, repositionne. Il produit des œuvres propres, homogènes, rassurantes pour les adultes… et totalement vides pour l’enfant.

Ici, c’est l’inverse. L’adulte prépare le cadre, sécurise l’espace, propose le matériel, puis s’efface.

Quand un enfant place les yeux trop haut ou trop loin, il n’a pas “raté”. Il a testé une hypothèse.

Quand la peinture déborde, s’étale, se mélange, l’enfant n’est pas “maladroit”. Il est en train de comprendre la matière.

Créer sans modèle, penser sans copier

L’enfant crée son bonhomme, à son rythme, avec ses gestes. C’est là que se joue quelque chose d’essentiel : l’enfant n’essaie pas de reproduire ce que l’adulte attend. Il explore, il décide, il agit. Il construit une première relation saine à la création une relation sans jugement, sans norme, sans correction permanente.

Et quand les éléments sont nommés en français et en luxembourgeois avant d’être collés, le langage s’ancre dans l’action. Les mots ne flottent pas : ils désignent quelque chose que l’enfant a choisi, manipulé, reconnu.

Pourquoi ces images comptent

Ces images montrent des mains sales, des gestes hésitants, des compositions peu commodes. Elles montrent des enfants qui font, pas des enfants qui exécutent.

C’est exactement ça, l’essence du non-formel :

  • laisser apparaître l’imprévu,

  • accepter l’asymétrie,

  • faire confiance au chemin plutôt qu’au résultat.

Un bonhomme de neige parfaitement centré, c’est rassurant pour l’adulte.
Un bonhomme de neige de travers, c’est un enfant qui pense.

Et entre les deux, nous avons clairement choisi notre camp.

 
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